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Salut à tous, c’est ici que vous retrouverez nos articles, qui seront focalisé sur des sujets d’actualité, de productivité et de bien-être au travail. Le premier article est prévu pour la dernière semaine de septembre. Donc n’hésitez pas à vous marquer cette date et à repasser par là.

  • La procrastination
    En quoi consiste la procrastination? Qui n’a jamais repoussé une tâche importante au lendemain, en se disant « je le ferai plus tard »…et puis ça traîne, et ça traîne encore ? Issu du latin « procrastinatio » qui signifie « remettre à demain », le mot « procrastination » garde aujourd’hui le même sens : celui de retarder volontairement une tâche qu’on pourrait accomplir tout de suite (Online Etymology Dictionary; CNRTL). Autrement dit, la procrastination, c’est le fait de repousser ce qu’on doit faire, parce qu’on se sent dépassé, fatigué ou qu’on doute de soi. Ce comportement très courant touche surtout les étudiants, mais aussi beaucoup d’adultes, dans leur vie professionnelle comme personnelle. On reporte ainsi volontairement une action prévue, car notre capacité à gérer nos intentions est souvent submergée, même quand on sait que cela aura des conséquences négatives (Khan, 2025; Steel, 2007). Elle affecte aussi bien les sphères personnelles qu’académiques et peut diminuer le bien-être général. Les applications, rappels et to-do lists peuvent aider pendant un temps, mais elles ne règlent pas le fond du problème. Au bout d’un moment, les personnes qui procrastinent trouvent souvent un moyen de contourner ces outils ou de retomber dans leurs anciennes habitudes (Jayalakshmi & Punithavalli, 2024 ; Jose & Qasim, 2022 ; Khan et al., 2025 ; Hajek et al., 2025). En réalité, la procrastination reflète une difficulté d’autorégulation : on peine à gérer ses émotions ou à se mettre en action au bon moment (Steel, 2007). Identifier les signes de la procrastination La procrastination ne se résume pas à « manquer de motivation » : c’est un ensemble de comportements et de pensées qui freinent l’action et augmentent le stress. Voici les signes les plus fréquents observés dans la recherche : Difficulté à gérer le temps ou à s’y mettreLa procrastination est souvent liée à une mauvaise gestion du temps et à une tendance à éviter les tâches qu’on trouve trop longues, complexes ou stressantes (Jose et al., 2022). Par exemple, on peut préférer ranger son bureau ou répondre à ses e-mails plutôt que de s’attaquer à la tâche principale. Décalage entre intention et actionIl y a souvent un écart entre ce qu’on prévoit de faire et ce qu’on fait réellement. On se dit “je vais m’y mettre tout de suite”, mais au moment d’agir, on se retrouve à faire tout autre chose.Ce décalage entre la planification et l’action est l’un des signes les plus caractéristiques de la procrastination. Il peut être accentué par une surcharge mentale, lorsque le cerveau est saturé d’informations, de tâches ou de distractions, ce qui rend difficile le passage à l’action même lorsqu’on sait quoi faire (Zhuo, 2024). Remettre souvent à plus tard des tâches importantesReporter une tâche importante parce qu’on la trouve ennuyeuse, stressante ou trop difficile à commencer. Chez les étudiants, ce comportement touche particulièrement les activités liées aux études, mais aussi les tâches domestiques, la santé ou la vie personnelle (Khan, 2025). Plus largement, la procrastination est également répandue chez les adultes actifs, y compris dans le milieu professionnel, où elle peut impacter la productivité et le bien-être (Hajek et al., 2025). Selon certaines études, environ 70 % des étudiants déclarent procrastiner régulièrement pour leurs études, et près de 57 % pour des tâches du quotidien (Khan, 2025). Passer des heures sur des distractionsPasser plus de 3 à 4 heures par jour sur les réseaux sociaux, YouTube ou la télévision avant de commencer une tâche importante, en se disant qu’on “commencera dans cinq minutes” ou qu’on “sera plus concentré plus tard”. Ces activités, souvent perçues comme une pause ou une récompense, deviennent une forme de fuite émotionnelle lorsqu’elles servent à éviter l’inconfort lié à la tâche (Khan, 2025 ; Sirois & Pychyl, 2013 ; Steel, 2007). Comparaison et évitementLa peur de l’échec ou du jugement peut pousser à éviter de commencer un projet par crainte de ne pas être « à la hauteur ». On se réfugie alors dans des tâches secondaires plus gratifiantes à court terme, comme réorganiser ses fichiers, répondre à des e-mails, ranger son espace de travail ou passer du temps à planifier plutôt qu’à agir. Ces activités donnent l’impression d’être productif, mais elles servent surtout à éviter la tâche principale (Sirois & Pychyl, 2013 ; Steel, 2007 ; Khan et al., 2025). Ressentir culpabilité et stress après coupUne étude menée auprès de 624 étudiants universitaires a montré que 85 % d’entre eux ressentaient de la culpabilité ou des remords après avoir procrastiné, en se disant “j’aurais dû m’y mettre plus tôt” ou “je manque de discipline”. Ces pensées entretiennent un cercle vicieux : plus on se critique, plus on se sent stressé et démotivé, et plus on a tendance à procrastiner à nouveau (Khan et al., 2025 ; Sirois & Pychyl, 2013 ; Steel, 2007). Effets sur la performance et la qualité du travailLa procrastination ne se limite pas à un simple retard : elle influence directement la qualité du travail et les résultats obtenus.Chez les étudiants en programmation, ceux qui attendent le dernier moment pour commencer leurs projets produisent souvent un code moins structuré, avec davantage d’erreurs, et obtiennent de moins bonnes notes (Firth & Denny, 2024 ; Edwards & Kazerouni, 2025). Ces retards s’accompagnent d’un stress accru à l’approche des échéances, ce qui nuit à la concentration et à la créativité. Dans le milieu professionnel, les effets sont similaires. Des recherches montrent que plus une personne repousse ses tâches, plus sa performance diminue, qu’il s’agisse des missions principales (ex. respecter une échéance) ou d’initiatives spontanées (aider un collègue, proposer une idée) (Metin, Peeters & Taris, 2018). Une étude menée auprès de plus de 22 000 adultes révèle que ceux qui procrastinent souvent gagnent moins, changent plus fréquemment d’emploi et se sentent moins satisfaits de leur travail (Nguyen, Steel & Ferrari, 2013). Ce cercle vicieux de retards, de stress et de perte de motivation fragilise la confiance en soi et la qualité de vie professionnelle. Chez les développeurs, la tendance est comparable. Selon une étude menée auprès d’ingénieurs logiciels, la procrastination apparaît surtout sur les projets longs ou mal cadrés, où les attentes sont floues. Cela peut générer du stress, réduire la qualité du code et provoquer des retards dans les livrables (Beaird, 2025). Les causes Pourquoi remet-on toujours à plus tard ?Les recherches récentes montrent que la procrastination est un phénomène complexe, influencé à la fois par la personnalité, les émotions et le contexte dans lequel on évolue: La gestion du temps : un point centralParmi les causes sous-jacentes, la mauvaise gestion du temps reste la plus fréquente. Une étude montre qu’elle est mentionnée par plus des trois quarts des participants (76,2 %), suivie de l’ennui (59,7 %), de la distraction (57,9 %) et du manque de motivation (57,3 %) (Khan, 2025 ; Jayalakshmi et al., 2024). Les étudiants reconnaissent souvent avoir du mal à hiérarchiser leurs priorités ou à estimer correctement le temps nécessaire à une tâche, ce qui les pousse à la repousser. L’environnement et le mode de vieLe contexte joue aussi un rôle important. Les étudiants vivant en ville ont tendance à procrastiner davantage que ceux des zones rurales (Jose et al., 2022). En milieu urbain, le téléphone est devenu un outil incontournable du quotidien, car on s’en sert pour payer, scanner un code QR, chercher un itinéraire ou vérifier une information. Cette utilisation constante crée de nombreuses distractions numériques, comme les notifications, les vidéos ou les réseaux sociaux, qui interrompent régulièrement la concentration et facilitent le report d’une tâche.Dans les zones rurales, ces distractions sont souvent moins nombreuses : l’accès à Internet est parfois plus limité, et le rythme de vie peut offrir moins de sollicitations numériques. Ces différences d’environnement pourraient expliquer pourquoi la procrastination liée aux écrans est plus marquée en ville (Sapienza et al., 2023 ; Olson et al., 2022). La surcharge académique et le stressLes étudiants confrontés à une forte charge de travail ont tendance à procrastiner davantage, surtout le soir, après des journées longues et éprouvantes (Zhuo, 2024). Plus le stress augmente, plus le besoin de se détendre ou de se changer les idées devient fort. On se dit “allez, encore quelques minutes”, on regarde une vidéo ou on scrolle sur le téléphone — puis le temps file. Sur le moment, cela apaise un peu, mais ensuite la peur d’échouer ou la culpabilité ressurgit, parfois plus forte qu’avant. Ce va-et-vient émotionnel nourrit un cercle vicieux : chaque pause retardée complique le retour à l’action. La fatigueLa fatigue joue aussi un rôle important. Quand on manque de sommeil, notre cerveau a plus de mal à se concentrer ou à réguler ses émotions, ce qui rend la procrastination plus probable. Par exemple, dans une expérience avec des développeurs, une nuit sans sommeil a réduit de 50 % la qualité du code produit et augmenté le nombre d’erreurs (Fucci, Scanniello, Romano & Juristo, 2018). Le rôle de l’attention dans la procrastinationLa manière dont on gère notre attention influence fortement notre propension à procrastiner.Une étude a observé que les personnes qui repoussent souvent leurs tâches montrent des signes d’affaiblissement de l’attention dans des situations exigeantes (Michałowski et al., 2020). Une autre recherche montre que les personnes qui ont du mal à réguler leurs pensées ou leurs émotions, et dont l’esprit a tendance à s’éparpiller, sont plus susceptibles de remettre leurs tâches à plus tard (Wiwatowska et al., 2025). Selon Tan (2025), trois dimensions du contrôle attentionnel jouent un rôle important dans le lien entre confiance en soi et procrastination: – Exemple: vous êtes en train de coder, mais votre téléphone vibre ou une notification apparaît. Si vous vous laissez interrompre à chaque fois, il faut plusieurs minutes pour retrouver votre concentration. Quand cette persistance est faible, la tâche devient morcelée, pénible à reprendre, et vous finissez par la remettre à plus tard. – Exemple : vous essayez d’avancer sur un projet, mais votre esprit passe sans arrêt d’un onglet à l’autre, entre votre code, vos e-mails et une recherche Google. Plus vous changez de tâche, plus votre concentration diminue, et plus il devient difficile de s’y remettre. La procrastination apparaît souvent à ce moment-là, quand l’effort mental pour reprendre semble trop lourd. – Exemple : vous tentez de corriger un bug tout en suivant une réunion et en répondant à des messages. Vous avancez un peu sur chaque chose, mais lentement, avec plus d’erreurs. Ce sentiment de ne rien terminer épuise mentalement et pousse à tout repousser. En voulant trop en faire à la fois, vous finissez par ralentir sur tout. Quand une personne est confiante (auto-efficacité élevée), elle est plus susceptible de persévérer et de rester concentrée, ce qui aide à éviter la procrastination. Toutefois, si cette même personne tente de faire trop de choses en parallèle, donc en répartissant son attention, elle peut au contraire retarder les tâches (Tan, 2025). A cela s’ajoute un facteur étroitement lié et souvent oublié et déjà mentionné plus haut: la fatigue. Quand on est épuisé, notre attention vacille, notre volonté baisse, et il devient beaucoup plus difficile de lutter contre les distractions. Cela rend la procrastination plus probable, même si on veut vraiment avancer. Confiance en soi : trop peu ou tropLa confiance en soi (autrement dit le sentiment qu’on peut réussir, donc l’auto-efficacité) joue un rôle central dans notre capacité à agir. Lorsqu’on doute de ses compétences ou qu’on anticipe l’échec, on a tendance à repousser les tâches importantes, surtout celles perçues comme difficiles ou risquées. Plusieurs recherches montrent qu’un faible niveau de confiance en soi est lié à une plus forte propension à procrastiner (Liu et al., 2020; Wiwatowska et al., 2025; Sirois & Pychyl, 2013). Mais attention : trop de confiance peut parfois jouer contre soi. Certaines études indiquent que des personnes qui surestiment leur capacité à terminer une tâche procrastinent parce qu’elles pensent pouvoir “rattraper le temps” ou sous-estiment sa difficulté réelle (Ho, Ye & Wang, 2020). Le rôle des émotions dans la procrastinationCertaines recherches montrent que la procrastination ne vient pas seulement d’un manque d’organisation, mais aussi de la manière dont on gère ses émotions. Par exemple, une étude qui a suivi des étudiants pendant tout un semestre a montré que plus les émotions sont difficiles à contrôler, plus on a tendance à remettre les choses à plus tard (Chen & Chung, 2025). Gérer ses émotions, c’est savoir reconnaître ce qu’on ressent et réagir sans se laisser submerger.Quand on gère mal ses émotions, on peut se sentir vite dépassé, stressé ou découragé face à une tâche, et on préfère alors l’éviter. Ce sont surtout les émotions désagréables comme la peur de l’échec, la frustration ou le stress qui déclenchent ce mécanisme. Une autre étude, utilisant des images du cerveau, a montré que les personnes qui régulent mieux leurs émotions, c’est-à-dire qui arrivent à apaiser ou canaliser ces sentiments difficiles, ont tendance à moins procrastiner (Li, Zhang & Feng, 2024).De même, une étude menée auprès d’étudiants en sciences médicales a révélé que ceux qui manquent de confiance en eux et ont du mal à gérer leurs émotions, par exemple à reconnaître ce qu’ils ressentent ou à contrôler leurs impulsions, sont plus susceptibles de procrastiner (Rad et al., 2025). Cela suggère que la procrastination est souvent le signe d’un épuisement émotionnel ou d’un stress intérieur mal géré, plutôt qu’un simple problème d’organisation. Types de procrastination Toutes les formes de procrastination ne se ressemblent pas. Selon les recherches, les raisons de remettre à plus tard et la manière dont cela se manifeste varient d’une personne à l’autre. Comprendre ces différences aide à mieux repérer ce qui se joue derrière le comportement. La forme la plus connue est la procrastination « classique », celle où l’on retarde une tâche importante en se réfugiant dans des activités plus faciles ou plus agréables. On se dit que l’on commencera “quand on sera prêt”, “dans dix minutes” ou “après une petite pause”. Ce type de procrastination est souvent lié à la peur de l’échec, à un perfectionnisme trop exigeant ou à une fatigue mentale qui bloque le passage à l’action (Sirois & Pychyl, 2013; Steel, 2007). Un autre type est ce qu’on appelle la procrastination stratégique. Certaines personnes choisissent délibérément de retarder une tâche, non pas pour l’éviter, mais pour se donner le temps de mieux réfléchir, rassembler leurs idées ou attendre un moment de pression qui stimule leur créativité. Des études ont montré que cette forme de “retard actif” peut, dans certains cas, conduire à de meilleures performances ou à des solutions plus originales (Smith & Zhao, 2025). Cela dit, elle reste un jeu d’équilibre : attendre trop longtemps transforme souvent une stratégie réfléchie en stress inutile. Il existe aussi la procrastination du sommeil. C’est le fait de repousser l’heure du coucher alors même qu’on est fatigué, souvent pour récupérer un moment à soi après une journée chargée. On reste scotché à son téléphone, on défile les réseaux ou on regarde “juste un dernier épisode”. Ce comportement est lié à une surcharge mentale et à un besoin de reprendre le contrôle sur son temps libre (Zhuo, 2024). À la longue, il nuit au sommeil et renforce la fatigue, ce qui entretient le cercle vicieux de la procrastination le lendemain. Enfin, certaines recherches distinguent la procrastination situationnelle, qui apparaît dans des contextes précis comme un projet flou, une charge trop lourde ou une consigne mal comprise.Chez les développeurs, par exemple, ce type de procrastination se manifeste souvent lors de projets à long terme, où les attentes sont peu claires ou les objectifs mal définis (Beaird, 2025). L’incertitude crée alors une forme de paralysie mentale : on ne sait pas par où commencer, donc on attend. En somme, la procrastination n’a pas qu’un seul visage. Elle peut être une fuite face à la peur, une manière maladroite de se protéger de la fatigue, ou parfois une tentative sincère d’optimiser son temps. La clé est d’apprendre à reconnaître son propre schéma pour pouvoir agir dessus avec plus de lucidité et de bienveillance. Quelles sont les conséquences de la procrastination? Quand la procrastination devient une habitude qui dure dans le temps, elle finit par avoir un vrai impact sur la santé mentale, les relations avec les autres et la performance, que ce soit au travail ou à l’école. Des effets sur les études et le travailRepousser sans cesse les tâches finit par nuire à l’apprentissage et à la productivité.Les étudiants qui procrastinent ont tendance à accumuler du retard, à produire un travail de moindre qualité et à éprouver plus de difficultés à respecter les échéances (Jayalakshmi et al., 2024 ; Khan, 2025). Lorsque la procrastination devient une habitude qui dure dans le temps, elle peut peser lourd sur différentes sphères de la vie. Dans l’étude de Khan (2025), environ 70 % des participants rapportent que la procrastination affecte directement leur travail ou leurs études, par exemple, avec des retards, une baisse de qualité des rendus ou une charge de stress accrue. De plus, 55,1 % disent ressentir un impact concret dans leur vie personnelle, que ce soit dans les relations, les responsabilités familiales ou les projets personnels (Khan, 2025). L’étude rapporte que plus de 65 % des participants disent souffrir de problèmes de sommeil ou de stress en rapport avec leur procrastination (Khan, 2025). Ces témoignages montrent que la procrastination ne se limite pas à des retards de tâches : elle peut aussi provoquer de la fatigue, des tensions mentales et bouleverser l’équilibre de la vie quotidienne. Dans le milieu des technologies, chez les développeurs, la procrastination est souvent liée à un stress accru, à une productivité moindre et à des difficultés de concentration (Saghi, 2025). Des conséquences sur la santé et le bien-êtreLes retards répétés et la pression qui en découle augmentent le stress et perturbent le sommeil. Plus de 65 % des étudiants déclarent ressentir des effets sur leur santé physique et mentale, comme des troubles du sommeil ou une fatigue persistante (Khan, 2025). La surcharge de travail pousse aussi certains à rogner sur leur temps de repos, notamment en se couchant plus tard pour rattraper le temps…
  • Le syndrome de l’imposteur
    Introduction : La panique du quotidien Le syndrome de l’imposteur désigne une tendance à douter de ses compétences malgré des aptitudes avérées, ce qui entraîne un manque de confiance et une performance réduite (Chen, Wong, Tarrit, & Peruma, 2024). Aussi appelé phénomène de l’imposteur, il décrit le fait de remettre en question ses réussites, même lorsque les preuves montrent le contraire. Les personnes touchées craignent souvent d’être “démasquées” comme des fraudeurs, ce qui peut s’accompagner d’anxiété ou de dépression. Découvert à la fin des années 1970 par Suzanne Imes et Pauline Clance, il a d’abord été observé chez des femmes brillantes et d’autres groupes marginalisés. Depuis, il est devenu un sujet très étudié, notamment dans les milieux académique et médical. On s’y intéresse particulièrement en médecine, car ce syndrome est lié à d’autres problèmes de santé mentale comme le burnout, l’anxiété et la dépression (Huecker, Shreffler, McKeny & Davis, 2023). Au-delà de la santé mentale, il a aussi un impact concret dans la vie professionnelle : les personnes concernées se perçoivent comme moins efficaces, moins satisfaites, et ont plus de mal à communiquer, collaborer et rester concentrées. Elles se sentent moins productives, ce qui peut affecter leur bien-être et leur efficacité au travail (Guenes et al., 2024). Définition Le syndrome de l’imposteur n’est pas un trouble psychologique reconnu par les classifications médicales, mais plutôt un phénomène psychologique. Il se manifeste par un ensemble de pensées et de dynamiques qui amènent les personnes à attribuer leurs réussites à la chance ou à l’aide des autres, tout en minimisant leurs compétences réelles. En clair, c’est un cercle vicieux : malgré les efforts et les succès, la personne a l’impression de ne jamais être assez compétente (Huecker et al., 2023 ; Al Lawati et al., 2025). Signes du syndrome de l’imposteur Le syndrome de l’imposteur ne se réduit pas à un simple manque de confiance en soi. Il est plus fréquent chez les personnes perfectionnistes, celles qui doutent de leurs capacités ou présentent une anxiété marquée (Duncan et al., 2023; Parkman, 2016). Les comportements et attitudes suivants sont souvent observés (Huecker et al., 2023; Bravata, Watts, Keefer, Madhusudhan, Taylor, Clark, Nelson, Cokley, & Hagg, 2020). Se sentir pris dans un cercle sans fin signifie que certaines personnes se surinvestissent pour être sûres de réussir, tandis que d’autres procrastinent et finissent par tout faire à la dernière minute. Dans les deux cas, même après avoir atteint l’objectif, elles doutent que ce soit grâce à elles, et le doute réapparaît à la tâche suivante. La quête de perfection correspond au fait de se fixer des attentes irréalistes et de considérer chaque erreur comme une preuve d’incompétence. Se voir comme un “fraudeur” revient à vivre avec la peur constante que les autres finissent par découvrir un manque supposé de compétence. Ne pas croire à ses réussites, c’est attribuer ses succès à la chance ou à l’aide des autres plutôt qu’à ses propres efforts. La peur d’échouer, mais aussi parfois de réussir, est également fréquente : la première s’explique par la crainte d’être démasqué, la seconde par l’idée que réussir signifierait devoir supporter encore plus de pression. Travailler en mode “super-héros” désigne l’attitude qui consiste à multiplier les responsabilités et à en faire toujours plus pour prouver sa valeur, souvent au détriment de sa santé mentale. La dévalorisation se traduit par une tendance à minimiser ses compétences et à refuser de reconnaître ses qualités. La comparaison constante conduit à se sentir systématiquement moins bon que ses collègues ou camarades. Enfin, il existe aussi des répercussions sur la santé mentale, comme l’anxiété, la dépression ou le burnout (APA, 2021). En résumé, le syndrome de l’imposteur fonctionne comme un cercle vicieux : malgré les efforts et les réussites, la personne a l’impression de ne jamais être assez compétente (Huecker et al., 2023). 1. Performances académiques et apprentissage Le syndrome de l’imposteur peut freiner la réussite académique des étudiants en informatique, car il complique des tâches clés comme la compréhension de code, en augmentant le doute et la charge mentale (Chen, Wong, Tarrit, & Peruma, 2024).  Une étude menée auprès d’étudiants en dernière année d’informatique a montré qu’un niveau élevé de syndrome de l’imposteur était corrélé avec un temps plus long d’examen du code et une probabilité plus faible de résoudre correctement le problème (Chen, Wong, Tarrit, & Peruma, 2024). De plus, une enquête auprès de 209 étudiants en informatique à l’Université de Californie à San Diego a révélé que 57 % souffraient du syndrome de l’imposteur, un taux plus élevé que dans d’autres filières comme la médecine, les soins infirmiers ou la psychologie (Rosenstein et al., 2020). Chez les étudiants et étudiantes en data science, le phénomène est également courant, souvent à un niveau modéré ou élevé. Plus les étudiants accordent d’importance à leur genre et à la façon dont ils sont perçus comme homme ou femme, plus ils ont tendance à ressentir le syndrome de l’imposteur (Duncan et al., 2023). 2. Différences de genre Le syndrome de l’imposteur touche davantage les femmes que les hommes dans les métiers du numérique. 3. Prévalence et diversité Globalement, plus de la moitié des ingénieurs logiciels présenteraient des niveaux fréquents à intenses de syndrome de l’imposteur : 52,7 % selon une étude menée auprès de 624 ingénieurs (Guenes, Tomaz, Kalinowski, Baldassarre, & Storey, 2024). La prévalence varie également selon l’origine ethnique : 67,9 % chez les participants asiatiques, 65,1 % chez les Noirs/Afro-américains, contre 50 % chez les participants blancs (Guenes et al., 2024). Des facteurs personnels semblent aussi jouer : les personnes mariées avec enfants se disent moins concernées par ce phénomène (Guenes et al., 2024). 4. Bien-être et santé mentale Le syndrome de l’imposteur n’affecte pas seulement la performance : il impacte aussi la santé mentale. Une enquête auprès de 224 personnes issues du domaine du logiciel (étudiants en informatique et ingénieurs) a montré que plus le syndrome de l’imposteur était présent, plus l’anxiété et la dépression augmentaient, et plus le sentiment de bonheur diminuait. À l’inverse, une meilleure connaissance de la santé mentale était associée à moins de syndrome de l’imposteur et à un meilleur bien-être, notamment via une meilleure efficacité perçue et une satisfaction accrue (Takaoka, Jaccheri, & Sharma, 2024). Les racines du problème (causes possibles) Le syndrome de l’imposteur naît souvent d’un mélange de facteurs : traits personnels (anxiété, perfectionnisme, estime de soi fragile), histoire familiale (exigence, surprotection), position sociale (se sentir minoritaire), comparaison permanente (réseaux sociaux) et environnements exigeants (académie, entreprise). Aucun facteur ne “condamne” à l’imposteurisme : ce sont des risques, pas des fatalités. Identifier ses déclencheurs personnels aide déjà à reprendre la main (Reid, 2025). 1. La personnalité L’anxiété et la sensibilité au stress peuvent favoriser le syndrome de l’imposteur : elles amènent à ruminer, à anticiper le pire et à douter après coup, en pensant par exemple « j’ai juste eu de la chance ». Le perfectionnisme joue également un rôle important, avec des objectifs quasi impossibles, la peur de décevoir et la difficulté à rendre un travail jugé “suffisamment bon”. Deux formes sont courantes : « je dois être parfait·e », qui reflète une exigence personnelle extrême, et « les autres attendent la perfection de moi », qui traduit une pression perçue du regard d’autrui. Enfin, une faible estime de soi contribue aussi au phénomène : les personnes ont tendance à minimiser leurs compétences et à attribuer leurs succès à la chance, aux collègues ou aux outils (Reid, 2025). 2. L’éducation et le style parental Une exigence élevée ou incohérente, avec des compliments rares ou conditionnels (« bien… mais tu pouvais faire mieux ») et des critiques variables, peut nourrir le syndrome de l’imposteur. La surprotection et le contrôle limitent les occasions d’apprendre par l’erreur et entretiennent la peur de décevoir. Quand la valeur personnelle semble liée uniquement aux performances, chaque échec devient une menace identitaire. Cela se traduit, par exemple, par l’enfant “toujours premier de classe” qui devient adulte et panique à la moindre remarque, ou par des félicitations centrées sur les notes plutôt que sur l’effort et le processus (Reid, 2025). 3. Se sentir différent·e du groupe Le syndrome de l’imposteur peut aussi être favorisé par le fait de se sentir différent·e de son entourage. Cela concerne les minorités visibles ou invisibles comme le genre, l’origine, l’âge, le statut socio-économique ou encore la neuroatypie. Dans ces situations, on peut avoir l’impression de ne pas avoir sa place, de représenter tout un groupe ou d’être constamment scruté·e. Le manque de modèles de référence, c’est-à-dire de personnes qui nous ressemblent dans des postes importants, renforce encore ce sentiment. Concrètement, cela se traduit par une pression à toujours devoir faire ses preuves, la peur d’être catalogué·e, une sur-préparation pour compenser ou encore une tendance à s’auto-censurer en réunion (Reid, 2025). 4. Les réseaux sociaux Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle dans le syndrome de l’imposteur. La comparaison est permanente avec ce que chacun montre de meilleur : promotions, conférences ou projets personnels. Ce biais de visibilité renforce l’impression que les autres réussissent toujours mieux, car on voit rarement les coulisses et les échecs. La conséquence est souvent un sentiment d’être en retard, de manquer de compétences, accompagné d’une augmentation de l’anxiété et du doute (Reid, 2025). 5. Le contexte d’étude ou de travail Le syndrome de l’imposteur peut aussi être alimenté par certains environnements académiques ou professionnels. Les milieux compétitifs où les évaluations sont fréquentes, comme une thèse, des concours ou des revues de code, créent une pression constante. Dans certains environnements académiques ou professionnels, les erreurs sont peu tolérées et l’on valorise surtout les personnes qui travaillent plus que les autres, parfois en faisant beaucoup d’heures supplémentaires pour rattraper une situation. Ce type de climat renforce le sentiment d’imposture, d’autant plus que les objectifs changent souvent et paraissent difficiles à atteindre. Les périodes de transition, comme un nouveau poste, une promotion, un retour de congé ou un changement d’équipe ou de technologie, provoquent aussi fréquemment un pic de doute. Enfin, le manque de feedback et de mentorat rend plus compliqué le fait d’évaluer son niveau réel et de se sentir légitime. Enfin, lorsque les personnes autour de soi partagent toutes un profil assez semblable et qu’il y a peu de diversité visible, ceux qui ne s’y reconnaissent pas peuvent avoir l’impression de ne pas avoir leur place. Dans la pratique, cela peut conduire à éviter de poser des questions, à refuser des opportunités par peur d’échouer, à rester en retrait ou à travailler de manière excessive pour se sentir légitime (Reid, 2025). Impact sur les métiers dans le domaine de l’informatique Le syndrome de l’imposteur est largement étudié dans le domaine académique et celui de l’informatique, sans pour autant se limiter à ces secteurs, puisqu’on le retrouve aussi dans les milieux médicaux. Une étude menée auprès d’étudiants en dernière année d’informatique a montré qu’un niveau élevé d’imposteurisme était associé à un temps plus long d’examen du code et à une probabilité plus faible de résoudre correctement un problème (Chen, Wong, Tarrit, & Peruma, 2024). Les différences de genre apparaissent aussi marquées. Plusieurs recherches montrent que les hommes semblent moins touchés que les femmes (Chen et al., 2024 ; Guenes et al., 2024 ; Parkman, 2016 ; Krause-Levy et al., 2025). Par exemple, l’étude de Guenes et al. (2024) rapporte que 60,6 % des femmes disent vivre le syndrome de l’imposteur, contre 48,8 % des hommes. Une autre enquête montre des taux encore plus élevés : 71 % des femmes contre 52 % des hommes (Rosenstein et al., 2020). Des travaux menés auprès de plus de 600 ingénieurs et ingénieures dans 26 pays confirment cette tendance : les femmes sont plus exposées, notamment parce qu’elles peuvent se sentir davantage jugées, manquer de modèles auxquels s’identifier et subir une pression accrue pour prouver leur valeur, ce qui accentue le doute sur leurs compétences (Guenes, Tomaz, Trinkenreich, Baldassarre, Storey, & Kalinowski, 2025). L’ampleur du phénomène est également frappante. Une étude a trouvé que plus de la moitié des 624 ingénieurs logiciels interrogés (52,7 %) présentaient des niveaux fréquents à intenses de syndrome de l’imposteur (Guenes, Tomaz, Kalinowski, Baldassarre, & Storey, 2024). Les résultats mettent aussi en évidence des disparités selon l’origine : la prévalence est plus élevée chez les personnes asiatiques (67,9 %) et noires/afro-américaines (65,1 %) que chez les participants blancs (50,0 %) (Guenes et al., 2024). En revanche, être marié avec enfants semble jouer un rôle protecteur (Guenes et al., 2024). Globalement, plus d’un ingénieur logiciel sur deux est concerné, avec des taux particulièrement élevés chez les femmes et les minorités ethniques. Chez les étudiants en data science, le syndrome de l’imposteur apparaît également fréquent, souvent à un niveau modéré ou élevé. Plus ces étudiants accordent de l’importance à leur genre et à la façon dont ils sont perçus comme homme ou femme, plus ils rapportent des expériences d’imposteur (Duncan et al., 2023). Une autre recherche menée auprès de 209 étudiants en informatique de l’Université de Californie à San Diego a montré que 57 % d’entre eux souffraient du syndrome de l’imposteur, un taux plus élevé que celui observé dans d’autres filières étudiantes comme la médecine, les soins infirmiers ou la psychologie (Rosenstein et al., 2020). Enfin, les effets psychologiques associés sont notables. Une étude auprès de 224 personnes du domaine logiciel, incluant étudiants et ingénieurs, montre que plus le syndrome de l’imposteur est élevé, plus l’anxiété et la dépression augmentent et plus le sentiment de bonheur diminue. À l’inverse, une meilleure connaissance de la santé mentale est associée à moins de syndrome de l’imposteur et à un meilleur bien-être. Ce bien-être est également lié au sentiment d’efficacité personnelle et à la satisfaction générale (Takaoka, Jaccheri, & Sharma, 2024). Prévenir plutôt que guérir Même si le syndrome de l’imposteur est fréquent, des recherches récentes montrent qu’il existe des moyens concrets de réduire les risques d’y tomber. Par exemple, plusieurs études soulignent que les exercices de gratitude, comme le fait d’écrire chaque jour trois choses positives vécues dans sa vie professionnelle ou personnelle, aident à améliorer le bien-être et à diminuer l’anxiété ou la dépression, qui sont souvent liées au sentiment d’imposteur (Diniz et al., 2023). D’autres travaux mettent en avant l’intérêt d’approches éducatives et de sensibilisation intégrées dans la formation, comme les ateliers de groupe, le mentorat et la supervision bienveillante. Ces dispositifs permettent de reconnaître et de normaliser le phénomène avant qu’il ne s’installe trop profondément (Siddiqui, 2024). Dans le domaine de la santé, une étude expérimentale a montré que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peut renforcer l’estime de soi et aider les étudiants à mieux gérer leurs pensées d’auto-dévalorisation liées à l’imposteur (Sheykhangafshe et al., 2024). Enfin, une revue récente des interventions disponibles insiste sur l’importance de créer un environnement de soutien. Un feedback constructif, un climat inclusif et la valorisation des réussites individuelles apparaissent comme des facteurs protecteurs essentiels (Para et al., 2024). Cela dit, travailler sur la gratitude, l’estime de soi, le soutien éducatif et la bienveillance dans les milieux académiques et professionnels peut vraiment aider à prévenir l’installation du syndrome de l’imposteur. Gérer le syndrome de l’imposteur Chacun vit le syndrome de l’imposteur à sa manière, et les solutions dépendent de l’impact qu’il a sur le quotidien. Lorsque le syndrome de l’imposteur prend trop de place au quotidien, consulter un psychologue ou un professionnel de la santé mentale peut être une étape précieuse : ne pas hésiter à demander de l’aide fait déjà partie du chemin. Parmi les approches possibles : Gérer le syndrome de l’imposteur, c’est aussi reconnaître qu’il peut s’accompagner d’anxiété, de dépression, de burnout ou d’une faible estime de soi, et qu’il est donc important de prendre en compte ces difficultés associées (Huecker, Shreffler, McKeny & Davis, 2023). Même si ce sentiment peut sembler difficile à surmonter, diverses stratégies peuvent contribuer à en réduire les effets progressivement: 1. Revoir sa vision de la compétence Même si ce sentiment peut sembler difficile à surmonter, diverses stratégies peuvent contribuer à en réduire les effets progressivement. Beaucoup de personnes touchées pensent qu’être compétent·e veut dire ne jamais se tromper, tout savoir et réussir du premier coup. En réalité, c’est l’inverse : apprendre, se tromper et demander de l’aide font partie du processus normal. Accepter l’imperfection est une étape essentielle, car le perfectionnisme est un piège. Il est parfois plus sain de rendre un travail “suffisamment bon” que de bloquer en attendant un résultat parfait. On peut aussi s’autoriser de petites imperfections, comme arriver quelques minutes en retard ou laisser son bureau en désordre. Il est aussi utile d’apprendre à être débutant. La maîtrise vient avec la pratique, et s’essayer à un nouveau hobby (cuisine, peinture, sport, jeu vidéo) permet d’intégrer que l’échec fait partie de l’apprentissage. Demander de l’aide sans honte est une autre clé. Poser des questions est un signe de maturité, pas de faiblesse. On peut même se fixer comme objectif de demander une ou deux précisions par jour à un collègue ou mentor. Enfin, apprendre à déléguer et à dire non permet de ne pas tout porter seul·e et de réduire la pression. 2. S’approprier ses réussites Les personnes qui vivent le syndrome de l’imposteur ont tendance à attribuer leurs succès à la chance, aux autres ou au contexte. Pour casser ce réflexe, il faut prendre conscience de son rôle réel. Faire la liste de ses accomplissements aide à garder une trace de ses succès : diplômes, promotions, projets réussis, mais aussi petites victoires comme une présentation bien menée ou un collègue aidé. Attribuer du crédit à soi-même est essentiel : pour chaque réussite, il est utile de distinguer les facteurs externes (par exemple une recommandation) et ses propres efforts (préparation, compétences, implication). Apprendre à accepter les compliments est aussi une étape clé. Au lieu de répondre “oh ce n’était rien”, il suffit de dire “merci”, afin de laisser son esprit intégrer la reconnaissance. Célébrer les petites étapes renforce également l’estime de soi : une pause, une promenade ou un moment détente après une tâche accomplie contribuent à ancrer une image positive de ses efforts. Enfin, garder des traces…